Billets d'Opéra à Venise




    Le Trouvère, Opéra de G. Verdi

    Le Trouvère, Opéra de G. Verdi

    Giuseppe Verdi est connu pour son amour des rebondissements dramatiques et des coups du sort choquants. Comptant parmi l’un de ses opéras les plus tragiques et très mouvementés, Le Trouvère présente naturellement et de manière appropriée la musique puissante et dramatique du maestro. Le livret est l’œuvre finale de Salvatore Cammarano avant sa mort. Le renommé poète Leone Emanuele Bardare termine le texte et y ajoute un peu de son lyrisme caractéristique. Le Trouvère (ou Il trovatore sous son titre original) est créé le 19 janvier 1853 au Teatro Apollo de Rome, où il captive instantanément le public et la critique, se propulsant ainsi vers une gloire durable dans le monde de l’opéra. Le Gran Teatro La Fenice de Venise en livre une reprise remarquable.

    Verdi et Cammarano puisent leur inspiration dans la pièce de théâtre espagnole El Trovador d’Antonio García Gutiérrez. Le compositeur relève avec plaisir le défi créatif d’adapter sa partition aux passions et rythmes gitans ardents qui abondent tout au long de l’histoire, tandis que le librettiste s'efforce d'unifier les nombreuses intrigues du récit original pour en faire un scénario d’opéra cohérent. Malgré les difficultés, les deux hommes achèvent leur travail avec brio et produisent une œuvre scénique au charme et à la popularité impérissables.

    L’argument du Trouvère débute sur l’histoire d’amour entre Manrico, révolutionnaire et troubadour gitan, et Leonora, dame de la haute société qui en est amoureuse, en grande partie grâce à ses chansons passionnées. Azucena, la mère de Manrico, et sa longue rivalité avec le comte De Luna forment l’intrigue secondaire déterminante. Le bonheur des deux amants est gâché par les activités de rébellion de Manrico, tandis que les propres secrets et motivations de la vieille femme pimentent le récit par de mauvais présages. Quand les deux arguments finissent par se croiser, une tragédie du passé d’Azucena, le sacrifice désintéressé de Leonora et le courroux du comte mènent Le Trouvère à un final grandiloquent et bouleversant.

    Pour compléter l’histoire dramatique de l’opéra, Verdi transforme sa partition en formidable outil de narration. Chacun des personnages principaux a des moments pour briller et révéler ses motivations et mondes intérieurs, comme le doux Ah si, ben mio de Manrico et son Di quella pira beaucoup plus énergique.




    image Il trovatore, Gran Teatro La Fenice / Fondazione Teatro La Fenice, Michele Crosera